Big brother à Carrefour : l’affaire continue…

Publié le par Hugues

 

 

L’agent de sécurité harcelé

 

Carrefour. Régis Sérange, qui avait révélé les missions d’espionnage, va porter plainte.

« Je ne m’attendais pas à autant de violences mais, de toute façon, je ne regretterai jamais rien », confie Régis Sérange. Fin janvier, cet agent de sécurité de la région lyonnaise racontait dans l’Humanité les missions d’espionnage que le groupe Carrefour lui avait commanditées pendant deux ans pour contrôler les salariés et, au pire, « éjecter » anciens, syndiqués et autres indésirables.

Or, même si Régis Sérange a conservé les preuves de ses accusations, le quotidien au travail de cet employé de Prosegur Sécurité, entreprise prestataire de service pour le numéro deux mondial de la distribution, est devenu depuis un parcours du combattant. « Le lendemain de la parution de l’article, il m’a été demandé de quitter immédiatement mon poste de travail du supermarché Casino de Condrieu (groupe Carrefour - NDLR), explique Régis. « J’ai refusé, sans demande écrite officielle de ma direction. Le 23 février, ma société m’informe que je n’ai plus à rester sur ce site car je ne respecte pas mon planning, ce qui est bien entendu faux. Je décide alors de faire venir un huissier de justice pour constater que je suis bien au bon endroit au bon moment. Mais en milieu d’après-midi, je reçois un autre planning dans un supermarché à plus de 80 kilomètres, qui a pris effet depuis le matin ! Recevoir vers seize heures un nouveau planning du jour accompagné d’un avertissement pour absence injustifiée, c’est quand même un peu fort » !

Contactées par l’Humanité, ni la direction du magasin de Condrieu ni la direction nationale du groupe Carrefour n’ont souhaité réagir. De leur côté, les dirigeants de Prosegur Sécurité sont injoignables. Régis Sérange, lui, est en arrêt maladie pour dépression. Il a l’intention de porter plainte pour harcèlement moral contre les deux entreprises.

 

Christelle Chabaud

 

L’Humanité, 02-03-2006.

 

Accéder au dossier Big brother à Carrefour.

Publié dans Lu dans la presse

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