L'inspection du travail selon le Medef

Publié le par Hugues

L'inspection du travail dont rêve Laurence Parisot

 

Extrait de la lettre adressée, le 9 mars, pr Lurence Parisot au ministre délégué à l'Emploi, Gérard Larcher. 

Selon elle, les inspecteurs du travail sont d'abominables gêneurs .

 

Malgré les cris d'orfraie que poussent régulièrement les dirigeants patronaux contre une administration tatillonne qui les empêche de faire leur boulot, la France est le pays d'Europe où les entreprises sont le moins harce­lées. On y dénombre à peine plus de 1300 inspecteurs et les muscles en cognant sur des inspecteurs ou des contrô­leurs du travail ? contrô­leurs du travail (ces derniers se limitent à surveiller les petites boîtes), soit 30 % de moins que la moyenne européenne.

En 2006, cet effectif bénéficie­ra du prodigieux renfort de 91 agents, à comparer avec le nombre de recrues dans la police (2 600) annoncé par Sarkozy.

Suivez le guide

Le 9 mars dernier, Gérard Lar­cher, ministre délégué à l'Emploi, présentait une réforme destinée à augmenter de 700 agents avant 2010 l'effectif de l'Inspection du travail. Cette audace a provoqué un véritable tollé au Medef : le jour même, Laurence Parisot, pré­sidente du syndicat des patrons, demandait par écrit (notre docu­ment) à Larcher d'abroger son pro­jet comme un vulgaire CPE pour engager une « concertation ap­profondie avec les entreprises ».

Dans sa lettre au ministre, la cheftaine du patronat affirme tout de go que l'augmentation des ef­fectifs « n est pas pertinente ». Selon elle, mieux vaudrait éditer des « guides pratiques » dont feraient leur miel tant les employeurs que les inspecteurs du travail, qui, à l'en croire, ont du mal à « com­prendre et appliquer une régle­mentation devenue complexe et abondante ». Ces fonctionnaires, honorablement diplômés, seraient-­ils incapables de lire le Code du travail ?

Laurence Parisot considère aussi que ces inspecteurs devraient mieux aimer l'entreprise. Et moins leurs syndicats. Dans les critères d'avancement, il faudrait tenir compte de leur aptitude à saisir les impératifs de la vie des socié­tés, et rendre obligatoires les stages dans des boîtes privées pour ces fonctionnaires. Et pourquoi pas chez l'un de ces cinquante petits patrons qui, selon les chiffres offi­ciels, se sont amusés, l'an dernier à se faire

Alain Guédé

 Le Canard enchaîné, 03-05-2006.

Publié dans Lu dans la presse

Commenter cet article