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Billet d'humeur

Mercredi 18 janvier 2006

Le Medef et la politique gouvernementale

Que pense le Medef de la politique gouvernementale en matière d’emploi ? Il semble qu’il approuve et en veut encore plus.

Le CNE et le CPE : Laurence Parisot réclame « l’extension du CNE à toutes les entreprises ». Qu’elle se rassure ! Cette option sera très probablement mise en débat  à l'occasion d'une prochaine discussion sur une réforme du contrat de travail. Alors prochaine étape : le contrat précarité généralisé !

 

 Les 35 heures : La présidente du Medef demande une «réflexion pour supprimer le concept de durée légale du travail», estimant que la durée du travail doit être fixée «dans les branches professionnelles et les entreprises, au plus près des spécificités du secteur et de l'entreprise concernés».  Qu’elle ne s’inquiète pas ! Les députés de la majorité et certains membres du gouvernement se montrent très favorables à ce choix comme en attestent les propos de Nicolas Sarkozy, le président de l’UMP, et les discours d’élus du même camps lors des débats à l’assemblée nationale.

 

Le code du travail : «Le législateur français a réussi la performance d'augmenter le nombre de pages du code du travail de 800 en 20 ans, 40 par an, presque une par semaine ouvrable», a ironisé la patronne des patrons, jugeant, citation à l'appui que «les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires». «Toute réglementation nouvelle doit s'accompagner de la disparition d'une réglementation plus ancienne». «Les cartes aujourd'hui en France sont brouillées, on y perdrait notre latin si on le savait encore». «La France est devenue illisible. Il est temps de dire non à cette illisibilité croissante et qui nous menace». Laurence Parisot a de la chance ! De Villepin souhaite « La refonte global du code du travail ».  Il faudra juste savoir s’armer de patiente, mais comme disait ma grand-mère : tout vient à temps pour qui sait attendre…

 Le Medef et le gouvernement seraient-ils de mèche ? Le gouvernement agit-il plus pour l’intérêt général des salariés ou pour les intérêts propres des patrons ?

 

Billet réalisé à partir de l’article suivant : « Laurence Parisot pour la généralisation du CNE », Les Echos, 18-01-2006.

Par Hugues
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Jeudi 19 janvier 2006

Faire du profit et licencier c’est possible !

 

Malgré un bon chiffre d’affaire, le groupe d’électroménager Seb envisage la fermeture de plusieurs sites dans un délai de deux ans. Près d’un millier de postes pourraient être supprimés.

2005 a été une belle année pour le groupe français de petit électroménager Seb. Il a réalisé un chiffre d’affaire de 2,463 milliards d’euros, soit une progression de 7,6% (+4,9% à taux de change constant). Mais pour les actionnaires, deux chiffres viennent ternir le tableau. En France, le groupe accuse un repli de 5,3% et de 2,6% dans les autres pays d’Union européenne. Pour le Pdg du groupe, il est « primordial de restaurer la compétitivité afin de retrouver le chemin de la croissance en France ».  Ainsi, malgré un bon chiffre d’affaire, les dirigeants du groupe veulent agir. Ils envisagent une « restructuration » du groupe. Entendez par restructuration, fermeture de plusieurs sites en France et la suppression d’un millier d’emplois.

Selon les délégués syndicaux du site vosgien, les sites dans les Vosges, le Jura et la Sarthe sont concernés par cette pseudo réorganisation. "Il est officieusement question de la fermeture, dans un délai de deux ans, du site Seb au Syndicat (Vosges), de Téfal à Dampierre (Jura) et de Moulinex à Fresnay (Sarthe), ainsi que de réductions d'effectifs chez Rowenta à Vernon (Eure)", a indiqué Jean-Pierre Antoine, délégué CFDT.

La direction du site des Vosges a confirmé à mi-mots les fermetures. Elle dit "comprendre les inquiétudes du personnel" et invite à "attendre les annonces économique et sociale de la semaine prochaine". En effet,  on devrait en savoir un peu plus dans les jours à venir. Un comité de groupe est prévu le 24 janvier. Le comité central d’établissement de Seb se réunira le 26 janvier.

Les dirigeants du groupe Seb ont de la chance !  Dans leur désir de restructuration, ils pourront sans doute s’appuyer sur un arrêt de la cours de cassation du 11 janvier qui reconnaît la possibilité pour les entreprises de procéder à des licenciements économiques au motif de "la sauvegarde de la compétitivité" !

Affaire à suivre…

Pour mémoire : Le groupe Seb possède les marques suivantes : Arno, Calor, Krups, Moulinex, Rowenta, Seb et Tefal. En France, le groupe emploie  7893 personnes.

Par Hugues
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Mercredi 25 janvier 2006

Ce que beaucoup d’entre nous craignaient arrive…

 

D’après le Monde en date du 26 janvier, le gouvernement veut généraliser le Contrat Premier embauche (CPE) à toutes et à tous : « Selon nos informations, l'un des schémas étudiés par Matignon est celui de la généralisation de la période d'essai de deux ans introduite par le CPE et le CPE à tous les CDI et, parallèlement, la suppression des contrats à durée déterminée (CDD). »

Les jours du Code du travail sont comptés…

Comment faire reculer le gouvernement sur cette mesure de précarisation généralisée et vivement souhaitée par le Medef (voir le dossier CPE du blog) ?

Mobilisons nous ! Une manifestation est déjà prévu le 7 février.

 

Pour lire l’article du Monde : cliquer ici.  

Pour lire les appels de la CGT à manifester : cliquer ici et  là.

Pour en savoir plus sur le CPE : cliquer là.

Par Hugues
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Jeudi 26 janvier 2006

 

Y a encore du boulot pour que l’égalité

pour tous en France soit un droit !

Dans son rapport rendu public aujourd’hui, la mission d'information de l'Assemblée sur la famille préconise une "réforme" du PACS, mais ferme la porte à toute évolution du mariage et de l'adoption, en particulier pour les couples homosexuels. Seuls les députés de droite de la mission ont approuvé ses conclusions.

La droite s’accroche-t-elle à une certaine idée de la famille très loin des réalités actuelles ? «A l'UMP, nous sommes attachés au principe fondamental de la filiation : un père, une mère, un enfant», explique Valérie Pécresse, la rapporteure UMP de la mission d'information sur la famille. Les familles monoparentales et homoparentales n’existeraient donc pas…

Il était évident que les conclusions du rapport de la mission  ne pouvaient qu’aller dans ce sens avec une majorité parlementaire de droite… Le 11 janvier dernier, 185 députés et sénateurs UMP et UDF ont signé un manifeste contre  « le mariage et l’adoption d’enfants par deux personnes du même sexe ». Quelques jours plus tard, le 20 janvier, un « Collectif des maires de France pour l’enfance » a publié à son tour une liste de 50 maires contre l’ouverture du mariage aux couples de même sexe. Des parlementaires et des maires auraient-ils souhaité faire pression sur la mission à quelques jours de la publication du rapport ?

Autre événement récent qui témoigne de l’homophobie d’une bonne partie de la droite française : dans un livre paru le 11 janvier, Mme Françoise de Panafieu, maire UMP du 17e arrondissement de Paris et candidate à l’investiture UMP pour la Mairie de Paris, met en doute « la justification de l’aide accordée" à une "centaine » d’associations « luttant contre la discrimination des homosexuels", en les qualifiant de "particulièrement gâtées ». En réalité, ces associations sont 17 à recevoir au total 247 000 euros, soit 0,2 % des subventions versées aux associations parisiennes..

Est-ce à dire que toute la droite est homophobe ? La réponse est non. Certains osent s’ériger contre ce désir de maintenir des inégalités. Ainsi, Jean-Luc Romero, conseiller régional d'Ile-de-France (UMP) s'insurge contre le manifeste signé de 174 parlementaires de son parti. Il y voit un refus fait « aux homosexuels d'être des citoyens à part entière ».

Espérons que dans son combat, de plus en plus d’élus de droite le rejoignent. Mais y a encore beaucoup de boulot pour que la majorité de l’UMP et de l’UDF veuille bâtir une véritable société égalitaire  qui n’oublierait personnes : les homosexuels, les femmes, les noirs, les beurs….

Par Hugues
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Jeudi 26 janvier 2006

 

Christian Vannest condamné pour ses propos homophobes 

 

Le 24 janvier, Le tribunal correctionnel de Lille (Nord) a condamné pour des injures homophobes le député UMP Christian Vanneste à 3.000 euros d'amende et la publication du jugement dans les quotidiens La Voix du Nord et Le Monde et l'hebdomadaire L'Express. Il avait affirmé que l’homosexualité était "une menace contre la survie de l’Humanité". Par ailleurs, Trois associations de défense des droits des homosexuels se sont vues attribuer chacune 2.000 euros de dommages et intérêts.

C’est la première fois que la loi du 30 décembre 2004, qui avait créé la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (HALDE), est appliquée. Elle punit les injures envers une "personne ou un groupe de personnes à raison de leur orientation sexuelle".

Pour en savoir plus sur l’affaire : cliquer ici. 

Par Hugues
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Vendredi 27 janvier 2006

A la recherche d’une définition

Ce matin, en écoutant la radio, j’ai appris l’existence d’un nouveau mot : la flexi-sécurité ou flexisécurité… Bref, l’orthographe de ce terme très récent –printemps 2005- et énigmatique n’est pas encore fixée. Durant cinq minutes, les chroniqueurs n’ont eu de cesse de ponctuer toutes leurs phrases par une flexisécurité par-ci, une flexi-sécurité par là. Ils ont eu  recourt à ce mot pour qualifier le Contrat première embauche. Ce néologisme  m’a fait le même effet que le « je suis socialiste-libéral » de Dominique Strauss Kahn dans Télérama du 13 mars 2002.

Socialiste-libéral ? Sur le coups, je me suis dit : « bizarre... Peut on être socialiste et libéral ? ». Le socialisme et le libéralisme politique ne sont-ils pas des doctrines opposées ?!? Ouf ! Le Petit Robert est venu à ma rescousse… Il m’a confirmé que socialiste s’oppose à libéral  politique… Aussi, j’ai tenté de trouver une définition de ce qu’est un socialiste-libéral .  J’ai beau avoir ouvert plusieurs dictionnaires et livres, mais rien. Mot inconnu ! Ainsi, je me suis rabattu sur internet. Même constat : rien dans les encyclopédies en ligne ni dans la presse. Pourtant, les médias ont largement contribué à la vulgarisation de ce néologisme. Utiliseraient-ils des termes dont ils ne maîtrisent pas la définition ?!?

N’ayant toujours pas de définition, j’ai élargi mon champ de recherche. Enfin, je  suis parvenu à trouver une définition sur le blog des socialistes libéraux d’Ile de France : «Parce que nous sommes des socialistes libéraux, nous reconnaissons le rôle du marché, lieu de la production des richesses à partager et des échanges ouverts à l’autre. Nous assumons la concurrence, source d’innovation, de mobilité sociale lorsqu’elle s’oppose aux avantages hérités et aux monopoles constitués. Nous savons que construire une société solidaire, dans le monde tel qu’il est, suppose aujourd’hui, tout en la dépassant, une économie de marché. » A en croire le Petit Robert, cette définition est celle du libéral et non du socialiste !  Ainsi j’en ai conclu que le socialiste-libéral  est une forme de libéral  politique qui a honte de s’afficher comme tel –si vous avez une autre définition, n’hésitez pas à m’en faire part- ! Pour les médias nous devons ce mot à la politique « social » danoise et l’archétype du socialiste-libéral est Tony Blair…

Cette petite disgression étant faite, revenons  à la fameuse flexi-sécurité. Etymologiquement, ce terme a été « créé » à partir des noms flexibilité  et sécurité. Encore une fois, j’ai recours au  Petit Robert. Flexi-sécurité : inconnu. Le suffixe flexi : inconnu aussi ! Donc je me suis attardé sur les définitions suivantes : flexibilité, « aptitude à changer pour pouvoir s’adapter aux circonstances » et sécurité, « situation, état tranquille qui résulte de l’absence réelle de danger ». Ainsi, appliqués au monde du travail, ces deux termes recouvrent des réalités différentes et surtout contradictoires !

Pour y voir plus clair, j’ai eu de nouveau besoin d’internet. Et surprise ! Nous devons aussi ce mot au Danemark ! Bernard Maris, professeur d’économie, a donné un semblant de définition : «  La flexisécurité à la danoise passe par différents points. Les entreprises ont une liberté totale de licencier. Les salariés licenciés sont pris en charge pendant 48 mois mais sont un peu moins payés qu'en France - l'allocation maximale étant de 21.000 euros, contre 65.000 euros en France. […] Il y a un taux de rotation des salariés élevé, de 25-30%. C'est énorme, un quart de la population active change de métier chaque année. Ils doivent accepter le poste qu'on leur propose ou suivre une formation. Tout cela contribue à rendre le marché du travail plus flexible. ». Grosso-modo, à l’image de  socialiste-libéral et à en croire le Petit Robert la définition de flexi-sécurité ou flexisécurité recouvre celle de flexibilité !

Du coup, je m’interroge. Pourquoi certains ont-ils eu besoin de « créer » ces deux néologismes, sachant qu’ils ont le même sens que des mots existants, en l’occurrence libéral et flexibilité ? Pourquoi ce besoin d’accoler ces termes à ceux de socialiste et sécurité ? Pourquoi ne pas dire « je suis libéral » et « je veux plus de flexibilité dans le monde du travail » ? Veulent-ils nous rassurer ? Faudrait-il que nous ayons peur du libéralisme et de la flexibilité ?!?

Autre interrogation : dans ces deux cas, le Danemark est à l’origine des maux mots, devons nous en vouloir aux Danois ? Devons nous y voir une volonté d’européaniser notre langue ou tout simplement d’appliquer en France le « model » danois ?!?

Bref le débat reste ouvert...

Par Hugues
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Lundi 30 janvier 2006

Scandale de Carrefour : silence radio !

Le 20 janvier dernier, l’Humanité, relayée par France 3, révélait les scandaleuses méthodes d’espionnage de Carrefour (voir les articles). Je pensais naïvement que l’ensemble des médias allait se saisir de cette affaire. Mais depuis le 24 janvier, plus rien… Entre le 20 et le 24, on peut seulement dénombrer : 1 dépêche AFP, et 4 articles (2 dans l’Humanité, 1 dans le Figaro et 1 dans MLyon). Du Coté des ondes FM, seul les radios du groupe Radio France ont vaguement parlé  de l’affaire. Face a un tel scandale, pourquoi les médias ont ils été aussi silencieux ?

Premier éléments de réponse : Les publicités du groupes Carrefour sont très présentes dans la presse et à la radio. Pour le constater, écoutez Europe 1. Les annonces publicitaires de Carrefour y sont omniprésentes. Ainsi, les médias n’auraient pas jugé nécessaire de relater l’affaire pour des simples raisons de tiroirs caisses. « L'argent est la seule puissance qu'on ne discute jamais. » (Alexandre Dumas).

Deuxième élément de réponse : Les groupes qui dirigent les médias ont des liens avec la Holding Carrefour. Une rapide recherche sur internet confirme cette hypothèse. A titre d’exemple, on apprend que l’actionnaire principale de Libération, Rothschild et Cie était encore en 2003 membre du Conseil d’administration de Carrefour (pour ce qui est de 2004 et 2005, je n’ai pas trouvé l’information). Autre exemple, Pinault qui est notamment actionnaire du Monde et de TF1, et dont le groupe Pinault-Printemps-La Redoute (PPR) a collaboré avec Carrefour (peut être encore aujourd’hui). En 2000, PPR a rejoint Carrefour dans la plate-forme mondiale d’approvisionnement en ligne GlobalNetXchange. On pourrait encore multiplier les exemples…

Moralité : il semble que  si les médias veulent survivre, ils se doivent d’être complaisant avec les capitaux qui les alimentent et/ou les dirigent. Aussi, autant ne pas mentionner les scandales des groupes du CAC40. Du coup, il leur est préférable de titrer sur le second tour des présidentiel. Qui l’emportera : Royal, Sarkozy ou de Villepin ? Et oui les médias en sont déjà au second tour ! Et encore, à les lire, tout est déjà fait ! Ils connaissent déjà le nom du futur président… D’ailleurs l’intéressé, Nicolas Sarkozy a déclaré : « J’ai tout les patrons de presse avec moi. » (Cité par le Canard Enchaîné,  18 mai 2005). Enfin, la docilité entre les médias et les pouvoirs politiques, c’est un autre sujet…

 

 

Pour aller plus loin sur les médias  : Serge HALIMI, Les nouveaux chiens de garde, 2005, 7euros.

Si vous avez des informations sur les suites du scande de Carrefour, merci de m'en faire part.

 


 

A signaler : les blogs, forme de contre poids aux médias classiques, ont très peu relaté l'affaire...

Par Hugues
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Vendredi 3 février 2006

L'intoxication du jour

Et un sondage de plus, un sondage. La France, ou tout au moins les médias vivent au rythme des sondages. La question est : qui sera président en 2007 ? Pour la radio, la télévision et les journaux, la grande surprise du jour est le sondage de BVA qui donne Ségolène Royal gagnante face à Nicolas Sarkozy…

Ce type de sondage m’énerve car les partis politiques n’ont pas encore choisi leur poulain. De plus, par le passé, les sondages ont montré leurs limites comme lors des élections présidentielles de 2002. Malgré tout, les médias traditionnels semblent avoir oublier tout ça. Ils continuent de jurer par les sacro-saints sondages !

Mais ce qui m’irrite le plus, c’est l’absence de programme. Les sondages ne portent pas sur ce que souhaiteraient les Français mais sur la pseudo envergure présidentielle des candidats. A croire que les élections présidentielles ne sont plus une confrontation d’idées, de visions de la société. Peut être que les élections présidentielles sont devenues une espèce de concours de Miss et de Mister France ?

Toute cette mascarade sert peut être à dissimuler l’absence de programme fondamentalement différent entre les pseudo-candidats ou/et cela permet aux médias de ne pas traiter des sujets qui pourraient déranger ?

Par Hugues
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Samedi 11 mars 2006

 

Quel retournement !

 

Rappelez-vous : Aux lendemains, des manifestations du 7 février 2006 contre le CPE, la grande majorité des médias était unanime. Pour la presse, la télévision et la radio, cette manifestation était un semi échec sans lendemain, malgré la mobilisation de 400 000 personnes.

Le 7 février 

Pour vous rafraîchir la mémoire, voici un rapide aperçu de quelques titres de la presse du 8 février : « Peu de jeunes mobilisés contre le CPE » (La Voix du Nord), « Mobilisation décevante » (Ouest France), « CPE : pas de raz-de-marée » (Le Télégramme de Brest), « Mobilisation en demie teinte » (Sud Ouest), « Manifs : contrat pas tout a fait rempli » (Libération)  « Beaucoup de jeunes se résigne à la précarité » (Aujourd’hui en France), « CPE : Villepin conforté par une mobilisation mitigée » (La Tribune), « CPE : l’échec de la mobilisation » (Le Figaro), « Dominique de Villepin maintient le cap sur le CPE après une mobilisation en demi-teinte » (Les Echos)…

A l’image de Pierre Le Marc, chroniqueur sur France inter, La plupart des éditorialistes et des journalistes concluaient unanimement : « Que le scénario noir d’une déstabilisation paraisse désormais à peu près exclu, est certainement un point important pour le Premier ministre. »

On pourrait résumer les propos des médias aux lendemains du 7 février en 3 points :

1/ Dans un contexte  mondialisé du travail, même si le CPE n’est pas parfait, c’est une bonne chose : une nécessité.

2/La preuve que le CPE est la solution : la majorité des Français s’est résignée à accepter le CPE. D’ailleurs, pour Les Echos : « Sur les blogs, le contrat première embauche n’a pas enflammé les jeunes » - C’est bizarre, durant cette période, j’ai pas mal navigué sur les blogs et j’ai constaté l’inverse ! –.

3/Du coup les manifestations du 7 févriers n’ont été qu’un coup d’éclat bien terne des organisations syndicales des salariés et des étudiants.

Ainsi pour aucun média : après le 7 février, il n’y aura plus rien, pas de mobilisation de grande ampleur.

Une semaine plus tard…

Au bout d’une semaine, certains journalistes ont commencé à rectifier le tir, en nuançant leur propos. Et oui, le mouvement anti-cpe commençaient à prendre de l’ampleur dans les universités… Bon d’accord, pour les chroniqueurs : rien de bien méchant, rien de bien sérieux, juste un bon signal d’alarme… « Avec le CPE, il tentait de prolonger cette stratégie [volontariste d’investissement sur l’essentiel] qui avait si bien réussi avec la création du CNE. Cette fois, il trébuche pour n’être pas parvenu à convaincre l’opinion de l’innocuité sociale et de l’efficacité de son projet […]. Et son image d’expertise, son image de réformateur attentif au social, de gouvernant ouvert au dialogue, en prend un sérieux coup… […] Alors que pèse sur lui, le mot d’ordre de blocus des universités et que s’accumulent, depuis quelques temps, affaires embarrassantes et mauvaises nouvelles… » (Pierre Le Marc sur France inter, le 20 février 2006).

Autour du 7 mars

Un mois plus tard : la moitié des universités sont en grève et surtout plus d’un million de personnes ont manifesté contre le CPE. Et là, changement ton à la télévision, à la radio et à la presse. D’ailleurs, cette fois là, les médias donnaient plus de crédit aux manifestants. La preuve : lors des manifestations du 7 févriers, presque tous les médias reprenaient les nombre des manifestants avancées par la police (généralement ce chiffre correspond à la moitié de celui annoncé par les syndicats), tandis qu’après la journée de mobilisation du 7 mars, ils reprenaient tous en cœur les ces chiffres communiquées par les organisations syndicales.

Comment expliquer ce changement radical à l’encontre des mouvements contre le CPE ?

Et pourquoi le 8 février, tous les grands médias dénigraient la journée de mobilisation de la veille ?

Mais surtout, après un tel revirement, on peut se demander, si les journalistes de ces grands médias qui se gargarisent d’être objectifs et indépendants de tout groupe de pressions ne sont pas les « victimes consentantes » de lobbyings économiques et /ou politique ?

Par Hugues
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