CPE et l'objectivité médiatique

Publié le par Hugues

 

Quel retournement !

 

Rappelez-vous : Aux lendemains, des manifestations du 7 février 2006 contre le CPE, la grande majorité des médias était unanime. Pour la presse, la télévision et la radio, cette manifestation était un semi échec sans lendemain, malgré la mobilisation de 400 000 personnes.

Le 7 février 

Pour vous rafraîchir la mémoire, voici un rapide aperçu de quelques titres de la presse du 8 février : « Peu de jeunes mobilisés contre le CPE » (La Voix du Nord), « Mobilisation décevante » (Ouest France), « CPE : pas de raz-de-marée » (Le Télégramme de Brest), « Mobilisation en demie teinte » (Sud Ouest), « Manifs : contrat pas tout a fait rempli » (Libération)  « Beaucoup de jeunes se résigne à la précarité » (Aujourd’hui en France), « CPE : Villepin conforté par une mobilisation mitigée » (La Tribune), « CPE : l’échec de la mobilisation » (Le Figaro), « Dominique de Villepin maintient le cap sur le CPE après une mobilisation en demi-teinte » (Les Echos)…

A l’image de Pierre Le Marc, chroniqueur sur France inter, La plupart des éditorialistes et des journalistes concluaient unanimement : « Que le scénario noir d’une déstabilisation paraisse désormais à peu près exclu, est certainement un point important pour le Premier ministre. »

On pourrait résumer les propos des médias aux lendemains du 7 février en 3 points :

1/ Dans un contexte  mondialisé du travail, même si le CPE n’est pas parfait, c’est une bonne chose : une nécessité.

2/La preuve que le CPE est la solution : la majorité des Français s’est résignée à accepter le CPE. D’ailleurs, pour Les Echos : « Sur les blogs, le contrat première embauche n’a pas enflammé les jeunes » - C’est bizarre, durant cette période, j’ai pas mal navigué sur les blogs et j’ai constaté l’inverse ! –.

3/Du coup les manifestations du 7 févriers n’ont été qu’un coup d’éclat bien terne des organisations syndicales des salariés et des étudiants.

Ainsi pour aucun média : après le 7 février, il n’y aura plus rien, pas de mobilisation de grande ampleur.

Une semaine plus tard…

Au bout d’une semaine, certains journalistes ont commencé à rectifier le tir, en nuançant leur propos. Et oui, le mouvement anti-cpe commençaient à prendre de l’ampleur dans les universités… Bon d’accord, pour les chroniqueurs : rien de bien méchant, rien de bien sérieux, juste un bon signal d’alarme… « Avec le CPE, il tentait de prolonger cette stratégie [volontariste d’investissement sur l’essentiel] qui avait si bien réussi avec la création du CNE. Cette fois, il trébuche pour n’être pas parvenu à convaincre l’opinion de l’innocuité sociale et de l’efficacité de son projet […]. Et son image d’expertise, son image de réformateur attentif au social, de gouvernant ouvert au dialogue, en prend un sérieux coup… […] Alors que pèse sur lui, le mot d’ordre de blocus des universités et que s’accumulent, depuis quelques temps, affaires embarrassantes et mauvaises nouvelles… » (Pierre Le Marc sur France inter, le 20 février 2006).

Autour du 7 mars

Un mois plus tard : la moitié des universités sont en grève et surtout plus d’un million de personnes ont manifesté contre le CPE. Et là, changement ton à la télévision, à la radio et à la presse. D’ailleurs, cette fois là, les médias donnaient plus de crédit aux manifestants. La preuve : lors des manifestations du 7 févriers, presque tous les médias reprenaient les nombre des manifestants avancées par la police (généralement ce chiffre correspond à la moitié de celui annoncé par les syndicats), tandis qu’après la journée de mobilisation du 7 mars, ils reprenaient tous en cœur les ces chiffres communiquées par les organisations syndicales.

Comment expliquer ce changement radical à l’encontre des mouvements contre le CPE ?

Et pourquoi le 8 février, tous les grands médias dénigraient la journée de mobilisation de la veille ?

Mais surtout, après un tel revirement, on peut se demander, si les journalistes de ces grands médias qui se gargarisent d’être objectifs et indépendants de tout groupe de pressions ne sont pas les « victimes consentantes » de lobbyings économiques et /ou politique ?

Publié dans Billet d'humeur

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titfraise 19/03/2006 18:35

ba montrer des gens dans la rue qui cassent tout ca rapporte
l'emploi est un sujet sensible pour lequel n'importe qui peut s enflammer
mais la le montage de bourrichon des etudiants ets magnifique et les syndicats remportent la palme de l'ingeniosite
en effet la majorite des etudiants ne connait rien du monde du travail et de sa realite, de lus beaucoup n'ont pas reellement lu les textes originaux...
 

CGT ANPE Lorraine 12/03/2006 12:36

Bonjour Hugues,Un autre exemple : le traitement médiatique des ennuis judiciaires de Denis Robert, auteur de Révélation$ où il a dénoncé le scandale Clearstream. Black-out presque total.