ZEP : un début de victoire

Publié le par Hugues

 

 

Le déclassement des ZEP attendra 2007

 

EDUCATION - Sans renoncer à exclure des collèges des dispositifs d'aide, Gilles de Robien annonce un statu quo cour 2006.

Victoire ? Peut-être. Hier, à l'issue de rencontres avec les fédérations syndicales (1), Gilles de Robien a annoncé qu'aucun établissement ZEP ne sera exclu du dispositif d'éducation prioritaire à la rentrée prochaine. Le communiqué est lapidaire et ne dit rien de plus à ce sujet. Qui constitue pourtant le principe de base de la réforme des ZEP annoncée en décembre : donner beaucoup plus à ceux qui ont beaucoup moins, mais à budget constant. Ainsi est-il question de concentrer les moyens sur environ 200 collèges classés EP1 --aussi appelés « ambition réussite » - en ponctionnant les aides jusqu'alors accordées à plus de 200 autres (on parle, depuis, de 500), classés EP3. Ces derniers doivent sortir de tous les dispositifs d'aide d'ici à trois ans. Le communiqué ministériel assure donc qu'aucune de ces exclusions ne débutera en 2006. Ce qui ne signifie en rien que l'idée est abandonnée.

En revanche, en déplacement à l'inspection académique de Seine-Saint-Denis, le ministre a assuré qu'aucun établissement de ce département ne perdra son statut de ZEP, ni maintenant, ni jamais ». Si cette information est confirmée, elle constitue, pour le coup, un joli succès pour les opposants à la réforme des ZEP, singulièrement virulents dans le département (voir l'Humanité du 26 janvier). Cette nuit encore, près d'une vingtaine de collèges étaient occupés par des personnels et des parents d'élèves. Mais leur bataille ne s'arrêtera pas là. Ils dénoncent également le statut particulier conféré aux collèges « ambition réussite ». Entre autres, la disposition qui permet aux meilleurs élèves des EPl de déroger à la carte scolaire au moment de s'inscrire au lycée et dont beaucoup redoutent qu'elle n'accroisse la ghettoïsation. Enfin, nationalement, l'avenir reste bel et bien bouché pour plusieurs centaines d'établissements.

Marie-Noëlle Bertrand

(1) À l'exclusion de la FERC­CGT qui, une fois de plus, n'a pas été conviée.

In L’Humanité, 01-02-2006

Publié dans Lu dans la presse

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