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Mercredi 15 février 2006

 

Ce que contient vraiment le compromis annoncé

 

 

Les amendements négociés par le groupe conservateur (PPE) et le groupe socialiste (PSE) ne bouleversent pas l’équilibre global de la directive services, qui accélérerait la mise en concurrence des salariés.

 

Le principe du pays d’origine est-il définitivement enterré ?

La proposition de compromis supprime les dispositions soumettant le prestataire de services à la législation de son pays d’origine et chargeant ce dernier de son contrôle. Mais la référence au pays d’origine n’est pas pour autant remplacée par une disposition soumettant explicitement le prestataire de service à la législation du pays de destination où est fourni le service. « Il n’y a plus ni pays d’origine, ni pays de destination », a d’ailleurs précisé la rapporteure Evelyne Gebhardt, en présentant le 8 février dernier la proposition de compromis PPE-PSE. En octobre 2005, déjà, celle-ci proposait de remplacer le principe du pays d’origine par le « principe de reconnaissance mutuelle », en vertu duquel « un acteur économique qui assure un service dans un État membre conformément à la législation de ce dernier peut fournir sans entrave le même service dans un autre État membre ». C’est en fait ce principe qui est retenu dans la proposition de compromis, qui propose la réécriture suivante du premier alinéa de l’article 16 :

« 1. Les États membres doivent respecter le droit des prestataires de services à fournir un service dans un autre État membre que celui dans lequel il est établi.

2. L’Etat membre dans lequel le service est fourni doit assurer le libre accès et le libre exercice d’une activité de service sur son territoire. » Problème : cette rédaction reste ambiguë sur le droit applicable au prestataire. Ce serait donc à la Cour de justice des communautés européennes de trancher, ce qui fait craindre, au regard de l’actuelle jurisprudence, des arrêts penchant en faveur de la règle du pays d’origine.

 

Le respect des législations nationales en matière de droit du travail et de droit social est-il garanti ?

Comme le projet initial, la proposition de compromis interdit aux États membres de soumettre les prestataires à des obligations (assimilées à des obstacles à la libre circulation des services) comme celles de faire une déclaration, d’obtenir une autorisation, d’être enregistré, de disposer d’une représentation sur le territoire, de conserver des documents sociaux. Autant d’interdictions qui rendraient, en pratique, quasi impossible les contrôles et la défense des salariés dont les droits seraient bafoués. Et reviendraient à couvrir des stratégies de contournement déjà largement répandues.

La proposition de compromis précise bien que ces interdictions ne doivent pas empêcher les États membres de faire appliquer, « en conformité avec la loi communautaire », « leurs règles en matière de conditions de travail » et les conventions collectives. Mais, en limitant préalablement leur possibilité d’intervention, cette proposition retire aux États les moyens de faire appliquer ces règles. Et, là encore, la légalité de telle ou telle exigence à laquelle un État soumettrait un prestataire serait suspendue à l’arbitrage de la Cour de justice.

Les services publics sont-ils à l’abri de la libéralisation ?

Outre l’exclusion, déjà effective dans le projet de la Commission par le biais de « dérogations », des services concourant à l’exercice de l’autorité publique du champ d’application de la directive, la proposition de compromis établit une liste de services auxquels elle ne s’appliquerait pas. Il s’agit des services « poursuivant des objectifs de protection sociale », du logement social, des pharmacies, des services de prise en charge des enfants, des « services d’éducation et de culture qui poursuivent des objectifs sociaux », de l’intérim, de la santé, de l’audiovisuel et du notariat. La directive exclut également de son champ d’application les services faisant l’objet d’une directive sectorielle, c’est-à-dire, en fait, les services déjà libéralisés ou en voie de l’être. Mais le flou reste entier sur ce que l’on nomme, dans les institutions européennes, les services d’intérêt économique général (SIEG), c’est-à-dire les services pouvant faire l’objet d’une contrepartie économique de la part de l’usager (eau, énergie, traitement des déchets...).

 

Rosa Moussaoui

 

L’Humanité, 15-02-2006

Pour accéder au dossier Bolkestein : cliquez ici.

Par Hugues - Publié dans : Lu dans la presse
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Mardi 14 février 2006

50 000

C'est le nombre de manifestants qui ont défilé à Strasbourg contre la directive services.

Par Hugues - Publié dans : En chiffre
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Mardi 14 février 2006

Nouvelles manifestations contre le CPE

 

 

De nouvelles manifestations contre le contrat première embauche (CPE) ont eu lieu mardi en France, les organisations étudiantes et lycéennes cherchant à entretenir la mobilisation avant la nouvelle journée d'action nationale prévue le 7 mars.

A Rennes, l'un des centres nerveux de la lutte anti-CPE, entre 6.000 étudiants et lycéens, selon la police, 10.000 selon les organisateurs, ont manifesté mardi après-midi, avant de bloquer le trafic SNCF durant une quarantaine de minutes.

A l'appel de l'université de Rennes 2, bloquée depuis une semaine, et de l'université de Rennes 1, dont les étudiants ont également bloqué les accès mardi matin, les manifestants ont scandé: "Oui à plus de CDI, non au CPE bidon".

Des lycéens d'établissements en grève de l'agglomération rennaise et de ses environs mais aussi de Dinan (Côtes d'Armor) et des étudiants de l'IUT de Saint-Malo s'étaient joints à la manifestation.

Une autre manifestation est prévue jeudi et le 23 février tandis que les étudiants de Rennes 2 ont lancé un appel aux autres universités françaises pour la réunion d'une coordination nationale dans leur ville samedi prochain.

A Toulouse, près de 1.500 lycéens et étudiants ont manifesté contre le CPE.

En tête du cortège, ils brandissaient des banderoles sur lesquelles on pouvait notamment lire: "Tous ensemble pour dire Non au CPE" ou bien "Non à la précarité - On veut des emplois stables".

En marchant, les manifestants scandaient des slogans tels que "Gouvernement-Medef, même combat. Non, non, non à la précarité" ou bien "On n'est pas de la chair à canons, on veut des vrais boulots".

Les organisations lycéennes et étudiantes essaient d'entretenir la mobilisation avant la nouvelle journée d'action nationale prévue le 7 mars.

Le 7 février, 220.000 personnes, selon la police, plus de 400.000, selon les organisateurs, avaient défilé dans les rues des villes de France pour dénoncer le CPE, accusé d'être un vecteur de la précarité sur le marché de l'emploi.

Reuters, 14-02-2006.

Par Hugues - Publié dans : Lu dans la presse
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Mardi 14 février 2006

 

Marée syndicale à Strasbourg contre la directive Bolkestein

La Confédération européenne des syndicats (CES) a réussi sa démonstration de force contre le projet de directive sur la libéralisation des services, dite directive "Bolkestein", en rassemblant des dizaines de milliers de manifestants mardi à Strasbourg.

Le défilé, qui s'est étiré depuis la gare jusqu'au parlement européen, a réuni sans incident 30 à 35.000 personnes, selon la police, 40 à 50.000, selon des sources syndicales.

Français et Allemands constituaient le gros des troupes mais la plupart des pays membres de l'UE, et même des pays candidats comme la Bulgarie, étaient représentés.

Au même moment, les eurodéputés débattaient pour la première fois en séance plénière de ce texte très controversé qui a été au coeur de la campagne pour le "non" au référendum français sur la Constitution européenne.

"Nous avons gagné cette bataille. Les syndicats progressent en Europe", a lancé à l'issue de la manifestation John Monks, secrétaire général de la CES, monté sur un podium installé devant le parlement.

Rappelant que la CES s'était battue dès le départ pour le retrait du texte ou pour qu'y soient apportés "des changements fondamentaux", il a estimé que le vote de jeudi serait "une énorme victoire pour tous les travailleurs" si les eurodéputés entérinaient le compromis auquel sont parvenus les socialistes et les conservateurs.

Cette ligne n'est cependant pas celle de toute la CES, comme l'a rappelé le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibaut. "La directive Bolkestein, c'est comme le Contrat première embauche: au panier!", a lancé ce dernier de la tribune.

Les socialistes français, présents dans la manifestation, sont sur la même ligne, tout comme l'Unsa ou FO.

"Si on se contentait du compromis qui a été passé, on resterait au milieu du gué", a déclaré à Reuters Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de Force ouvrière.

Il met en avant les nombreuses "zones d'ombre" du compromis, tant concernant les modalités de contrôle sur les entreprises intervenant dans un autre pays que le statut des services publics.  

 

 

"COW-BOY ECONOMY, NO !"

A l'inverse, François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, revendique intégralement la position de la CES. "Il serait dommage que la gauche française soit en rupture sur ce sujet-là avec le syndicalisme européen", a-t-il affirmé devant des journalistes.

Ces divergences traversaient la manifestation en tête de laquelle avançaient les dirigeants syndicaux des 25 pays de l'Union et une banderole proclamant: "Services for the people (Services pour le peuple), il faut changer de direction".

Au fil du cortège, on pouvait lire "The service directive, no way for Norway" (La directive Services, pas pour la Norvège), "Non au dumping salarial" ou encore, en anglais sur une banderole allemande: "Quality service, yes, cow-boy economy, no!"

Autant, sinon plus, que contre la seule directive "Bolkestein", c'est contre une Europe jugée trop libérale que s'étaient mobilisés les participants. En témoignait la présence de nombreux salariés de l'industrie, membres d'IG-Metall en Allemagne ou délégations françaises de Seb ou d'Arcelor.

"Nous manifestons contre tous les projets de privatisation du gouvernement", a dit à Reuters Jean-Marie Kevelaer, l'un des responsables de la Confédération des syndicats chrétiens belges, pour qui il s'agit d'abord de défendre les services publics.

"Dans le bâtiment, si un Allemand qui a fait beaucoup d'études se présente en même temps qu'un Polonais, il reste à la porte et c'est le Polonais qui se fait embaucher", a expliqué pour sa part Alfred Montada, syndicaliste sarrois d'IG Metall, partisan d'un rejet du texte.

Les Polonais sont pourtant eux aussi concernés, comme l'attestait la présence, non pas de leurs désormais mythiques plombiers, mais d'une délégation de 200 enseignants du syndicat Solidarnosc.

"On n'est ni tout à fait pour, ni tout à fait contre la directive. On est pour le respect des clauses sociales mais on est aussi pour l'ouverture du marché", a indiqué à Reuters Stefan Kubowicz, président de la branche éducation du syndicat.

Et de préciser: "On ne peut pas être d'accord avec le dumping social parce que dans quelques années, quand l'Ukraine va rejoindre l'Union européenne, ce sera la même chose pour la Pologne".  

Gilbert Reilhac

 

Reuters, 14-02-2006.

Par Hugues - Publié dans : Lu dans la presse
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Lundi 13 février 2006

" Ils (les gaullistes) ont massacré les vôtres en Algérie et encore bous allez leur lécher les bottes. Mais vous n'avez rien du tout , vous êtes des sous-hommes, vous n'avez aucun honneur !"

Propos de Georges Freche, président de la régio Languedoc-Roussillon et membre du parti socialiste.

Par Hugues - Publié dans : Lu dans la presse
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Lundi 13 février 2006

15 000

C'est le nombre de manifestants, allemands et français en majorité, qui ont défilé samedi pour le "retrait" de la directive libéralisant les services dans l'UE.

Pour en savoir plus, cliquez ici.

Par Hugues - Publié dans : En chiffre
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Lundi 13 février 2006

Une nouvelle fabrique de sans-papiers

 

IMMIGRATION. Présentée jeudi en comité interministériel, la future loi sur « l’immigration et l’intégration » produira elle aussi ses sans papiers. Décryptage en quatre points.

L'objectif de « l'avant­projet de loi relatif à l'immigration et à l'intégration est simple : « Depuis 2002, la maîtrise de l'immigration est devenue une priorité essentielle du gouvernement » et « la lutte contre l'immigration clandestine est déterminée ». Détermination qui se manifeste par l'affirmation que toute entrée sur le territoire doit être légale et par la mise en place d'un catalogue de titres de séjour liés au contrat de travail. Pourquoi, alors, les quelque cent cinquante organisations parties en guerre contre cette deuxième réforme en deux ans considèrent-elles qu'elle va, au contraire, devenir une « fabrique de clandestins » et de sans-papiers ?

DROIT AU TRAVAIL

Sur ce terrain, on ne peut pas reprocher au gouvernement de ne pas être attentif aux besoins du patronat, multinationales et PME, avide de saisonniers, précaires et autres sous-payés. Certes, d'après le texte de loi, la rupture du contrat dont dépend le titre de séjour incombe à l'employeur, et donc celui-ci devra payer le rapatriement au pays d'origine... Mais, pour être respectées, toutes ces dispositions de travail temporaire et de statuts divers impliquent de mettre un policier derrière chaque salarié ou étudiant afin de vérifier qu'à l'expiration du contrat il repartira. Et si la misère dans son pays est telle qu'il ne le veut pas ? Il restera dans la clandestinité.

RÉGULARISATION

Le gouvernement refuse la régularisation des étrangers résidant en France depuis dix ans, voire plus. Ils sont quelques centaines de milliers. Malgré toute la diligence des préfets l'an dernier, admonestés à plusieurs reprises, mise pour atteindre les 23 000 reconduites à la frontière, malgré la chasse aux enfants dans les écoles, les dénonciations de certains fonctionnaires ou employés de banque, malgré les rafles, le ministre a dû se contenter d'en annoncer 20 000. Il fixe, pour 2006, la barre à 25 000.

Même s'il réussit à passer outre l'indignation de plus en plus forte que suscitent ces arrestations et les solidarités qu'elles entraînent, il lui faudra de nombreuses années avant de parvenir à se débarrasser de tous ses indésirables. Pendant ce temps-là, il conserve aux entreprises du bâtiment, de la restauration, du textile, mais aussi aux employeurs de domesticité un volant de main-d'oeuvre sans droits, vivant la peur au ventre.

DROIT D'ASILE

Ce volant, les déboutés du droit d'asile vont le renforcer. Il sera de plus en plus difficile de franchir les frontières, la reconnaissance du statut de réfugié sera plus compliquée à obtenir, les Etats tampons feront, au fil du temps, l'office de barbelés auquel les contraint l'Union européenne, au risque de déstabiliser leur propre économie déjà fragile, comme au Maroc ou en Algérie. Mais des déboutés demeureront, malgré tout, en France, parce qu'il reste parfois réellement impossible de les renvoyer dans leur pays d'origine. Décider de n'accorder de place dans les centres d'accueil qu'aux demandeurs en cours d'admission et munis d'un titre de séjour évitera à l'association Forum Réfugiés de se plaindre du manque de places. Mais la cohorte des « ni-ni » (ni régularisables ni expulsables), que Nicolas Sarkozy disait vouloir faire disparaître il y a trois ans, devra bien survivre. Sans droits.

REGROUPEMENT FAMILIAL

Il est facile de décréter que ne pourront venir vivre en famille que les femmes, les maris ou les enfants qui seront accueillis dans des logements décents, avec des ressources dont ne disposent même pas tous les citoyens français et une pratique de la langue qu'ignore tout ce que notre pays compte d'illettrés. Espérer que cela soit suivi relève de l'utopie, comme le prouve le nombre de regroupements qui ont eu lieu ces dernières années en dehors du circuit légal. Oui, ce projet de loi jette des hommes et des femmes dans la clandestinité, encourage la délinquance - il faut bien survivre - et participe très efficacement à la déréglementation du travail.

 

Émilie Rive

 

In L’Humanité, 13-02-2006.

Pour en savoir plus, cliquer ici.

Par Hugues - Publié dans : Lu dans la presse
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Dimanche 12 février 2006

Les syndicats appellent à manifester contre le CPE le 7 mars

 

Dénonçant le "passage en force" du gouvernement sur le "contrat première embauche", les principaux syndicats et organisations étudiantes et lycéennes ont appelé vendredi à de nouvelles manifestations communes le 7 mars pour le retrait du CPE.

"Le Premier ministre, hier, a bafoué et piétiné la démocratie", a estimé Bruno Julliard, le président de l'Union nationale des étudiants de France (Unef). "Eh bien, la démocratie s'exprimera dans la rue. C'est le bilan que l'on peut tirer de cette intersyndicale".

Des délégations de la CGT, la CFDT, la CFTC, la CGT-FO, la FSU, l'UNSA, l'UNL et l'Unef se sont réunies vendredi pendant plusieurs heures à Montreuil pour déterminer la suite à donner à la journée de mardi, au cours de laquelle 300.000 personnes ont manifesté dans toute la France, selon la CFDT (450.000 selon la CGT, 220.000 selon la police).

Jeudi, le Premier ministre, Dominique de Villepin, a coupé court au débat parlementaire sur le projet de loi sur l'égalité des chances, auquel a été ajouté le CPE, en engageant la responsabilité de son gouvernement par le recours à l'article 49-3 de la Constitution.

"Le gouvernement confirme sa volonté de passer en force. Il donne des raisons supplémentaires pour développer des mobilisations", précise le communiqué diffusé vendredi et qui est soutenu par l'Union syndicale solidaire, la Confédération étudiante, Sud Etudiant et la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL).

Ce texte demande le "retrait pur et simple du CPE". Ses signataires souhaitent au CPE de connaître le même sort que le "contrat d'insertion professionnelle" (CIP), qui avait été retiré en 1994, malgré son adoption au parlement, après plusieurs semaines de manifestations.

"TAPER UN GRAND COUP SUR LA TABLE"

Un des enjeux de la réunion de vendredi était d'arrêter une date qui convienne à tous. La CFDT demandait que cette journée tombe un samedi, pour impliquer davantage de salariés du privé.

Mais "un jour de semaine est plus propice à une mobilisation des organisations de jeunesse", a indiqué Bruno Julliard, et la CFDT a dû se rallier à la "décision de la majorité", comme l'a précisé son secrétaire national Rémi Jouan.

Les syndicats ont par ailleurs jugé nécessaire d'attendre la fin des vacances scolaires pour organiser cette manifestation.

De source syndicale, on a précisé que la CGC pourrait décider de se joindre à cette journée de manifestation commune.

La confédération Force ouvrière a dit qu'elle demanderait pour sa part à ses syndicats de se mettre en grève le 7 mars.

"Le Premier ministre a annoncé lui-même qu'après le CNE et le CPE, il voulait s'attaquer à une réforme du code du travail qui pourrait conduire à un seul contrat de travail, c'est-à-dire à la disparition du CDI", a précisé René Valadon, secrétaire confédéral de FO.

"Nous avons chez nous une demande forte de taper un grand coup sur la table pour défendre le code du travail et donc de faire en sorte que le 7 mars soit aussi une journée de grève."

Côté CGT, on a cependant exclu l'idée d'un appel confédéral à la grève, qualifié d'"inopérant". Selon Maryse Dumas, cadre de la CGT, les grèves doivent être décidées par les salariés dans leurs entreprises, non au niveau confédéral.

D'ici au 7 mars, les syndicats soutiendront toutes les initiatives des organisations de jeunes, et notamment celles qui auront lieu les 14 et 16 février.

Le CPE est un contrat à durée indéterminée destiné aux jeunes de moins de 26 ans. Il est assorti d'une période d'essai de deux ans au cours de laquelle l'employeur peut licencier sans motif avec un préavis qui augmente au fur et à mesure du temps passé dans l'entreprise.

"Nous ne sommes pas prêts à accepter cette politique du 'c'est mieux que rien' pour l'emploi et pour notre avenir", a déclaré Julie Coudry, de la Confédération étudiante. "Nous, nous avons de l'ambition. Nous ne sommes pas résignés à entrer dans la vie active dans ces conditions de précarité."

Reuters, 10-02-2006.

Par Hugues - Publié dans : Lu dans la presse
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Vendredi 10 février 2006

" Le CPE est un nouveau contrat de travail reposant sur un nouvel équilibre entre souplesse de l'entreprise et droits nouveaux pour le jeune salarié (...). Il viendra conforter les premiers succès remporter en matière de baisse du chômage et offrir à tous les jeunes une perspective d'avenir."

Gérard Larcher, ministre délégué aux relations du travail

Par Hugues - Publié dans : Il fallait oser...
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Vendredi 10 février 2006

 

 

Chasse aux homosexuels en Côte d'Ivoire

 

Ils sont ministres, responsables d'entreprises, hommes d'affaires, artistes, sportifs... Des personnalités ca­merounaises, prétendument homosexuelles, dont les cin­quante noms ont été publiés par le quotidien ivoirien in­dépendant - fort mal nommé - l'Intelligent d'Abidjan. Auparavant, trois journaux à scandales camerounais avaient déjà fait paraître cette liste qui avait semé l'effervescence dans un pays où les pratiques homosexuelles sont condamnées par la loi : Depuis, le débat fait rage dans la société camerounaise. Dans l'article du quoti­dien ivoirien l'Intelligent, « certains estiment que cette déviance sexuelle, importée d'Europe, doit être dénon­cée et combattue ». Pour d'autres, « ce sont des écrits diffamatoires (...) sans preuves tangibles », nés sur des rumeurs et « sans respecter aucune règle éthique et dé­ontologique de la profession journalistique ». Depuis la publication au Cameroun, les plaintes affluent et soulè­vent des interrogations sur le sérieux des listes. La polé­mique gagne la Côte d'ivoire. D'autant que l'auteur de la première liste, parue au Cameroun, en promet une se­conde où seront répertoriés les noms des correspondants ivoiriens des cinquante gays et lesbiennes camerounais. Dans un long article, plutôt critique, le journal « people »  ivoirien Star Magazine dénonce un « climat d'homo­phobie latente » au Cameroun. Une véritable chasse aux sorcières contre les homosexuels.

 

Fernand Nouvet

 

In L’Humanité, 10-02-2006.

Par Hugues - Publié dans : Lu dans la presse
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