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Vendredi 17 mars 2006

15%

C'est l'accroissement du nombre d'accident du travail entre 2003 et 2005,

mais 2 % seulement des observations faites par les inspecteurs du Travail français

ont donné lieu à une sanction,contre 50% dans les autres pays européens.

 

Pour en savoir plus : lire l'article de Libération.

Par Hugues - Publié dans : En chiffre
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Vendredi 17 mars 2006

 

Comment meurent les bateaux et qui coud ma chemise ?

mis à jour le 30 mars 2006

 

Investigation. Depuis le 13 mars, L’émission là-bas si j’y suis diffuse une série de reportages consacrée aux conditions des travailleurs en Inde et au Bengladesh.

Au mois de février, au moment où le Clemenceau se dirigeait vers l’Inde,  Daniel Mermet et son acolyte Gil Anquivil ont décidé d’y voir plus clair en se rendant dans cette partie du monde. De cette investigation est née une série de reportages intitulée « Comment meurent les bateaux et qui coud ma chemise ? » et diffusée sur France Inter, dans l’émission Là-bas, si j’y suis. Véritables enquêtes anthropologiques, ces reportages nous offrent une vision méconnue ou du moins mal connue des conditions de vie des salariés d’Inde et du Bengladesh. Le site non officiel de l’émission de radio, La-bas.org, offre la possibilité d’écouter ou de réécouter ces reportages.

Ces investigations sont accompagnées de photographies prises par Daniel Mermet : cliquez ici.

1er volet : « E-waste »

« E-waste » : déchets électroniques ordinateurs, téléphones portables...).

Au nom du "recyclage", les pays occidentaux envoient en Inde ces déchets au traitement jugé trop polluant ou trop peu rentable.

Le volume des déchets électroniques augmente de façon exponetielle et plusieurs des composants utilisés sont toxiques (cadmium, plomb, mercure).

La vie des travailleurs, des enfants en particulier, sous-payés, est mise en danger d’autant plus que les conditions de travail demeurent inadaptées aux substances manipulées.

Ecouter

Sur les chantiers d’Alang

Les chantiers asiatiques de démolition des navires ont pris de l’ampleur dans les années 1980.

Ils couvrent actuellement 95% du marché de démantèlement naval.

Parmi eux, le chantier d’Alang, en Inde, est le plus gros site de démolition du monde.

Rencontre avec des ouvriers livrés au danger de l’amiante, notamment, sans protections ni droits.

Ecouter

Sur les chantiers de Chittagong au Bangladesh

Au sud du Bangladesh, près de Chittagong, à Sitakundu, les bateaux affluent pour y mourir.

Ces carcasses porteuses d’amiante et autres produits toxiques, les pays riches n’en veulent plus et ne veulent pas payer le prix de leur recyclage.

Alors à bas prix, sans protection, l’Inde ou le Bangladesh font le travail. Les ouvriers devraient porter des scaphandres, l’amiante et les déchets devraient être transportés dans de doubles sacs étanches et placés dans des containers de transports adaptés pour être conduits dans des décharges adaptées mais cette solution est trop coûteuse...

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L’usine de textile de Chittagong

Dans une usine de textile, où les ouvriers sont des femmes et des enfants. le salaire moyen au Bangladesh est de 14 euros par mois, les conditions de travail sont aussi dérisoires que le "coût de la main d’oeuvre".

En quelques minutes, un incendie a détruit l’usine de textile KTS après l’explosion d’une chaudière. Un millier d’employées se trouvaient dans l’usine lors de l’incendie, 80 ont été hospitalisées et près de cent portées disparues.

L’industrie textile emploie plus de 2 millions de personnes au Bangladesh et représente près des deux tiers des exportations du pays.

"Consommer toujours plus et moins cher" dans les pays occidentaux c’est travailler toujours plus et moins payé dans les pays en voie de développement ...comment l’ultra libéralisme ne profite qu’aux moins nombreux ...

Ecouter (1)

Ecouter (2)

 

 

Dacca en cyclo-pousse...

Dacca est la capitale du Bangladesh, avec 10 millions d’habitants. Une ville embouteillée en permanence. On compte environ plus de 300 000 rickshaws, des cyclo-pousses. Parcours périlleux dans Dacca entre manifestations, rickshaws, charrettes, motocyclettes, étales...

Ecouter

 

Ballade musicale

Ballade finale avec Giv Anquetil et Daniel Mermet pour quitter l’Inde et le Bangladesh.

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Par Hugues - Publié dans : A écouter, à voir, à lire...
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Jeudi 16 mars 2006

 

 

" Mieux vaut être fasciste que pédé. "

 

Propos d'Alessandra Mussolini.

La dirigeante d'un parti de l'extrême droite italienne et alliée de Berlusconi pour les législatives parle en l'occurence d'un candidat de gauche transsexuel.

Par Hugues - Publié dans : Il fallait oser...
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Jeudi 16 mars 2006

L’UNPI souhaite un contrat de location calqué sur le CPE

 

L’Union nationale de la propriété immobilière (UNPI) s’est déclarée favorable mardi à l’introduction d’un nouveau type de contrat de location, dit "à l’essai", sur le modèle du Contrat première embauche (CPE). Explications...

"Les propriétaires veulent des locataires convenables et des loyers corrects", a déclaré à l’AFP Jean Perrin, président de l’UNPI et de sa branche en Bourgogne. Et de poursuivre : "S’ils pouvaient “tester” les locataires, il serait possible de remettre sur le marché au moins 300.000 logements, soit le nombre de logements neufs créés en une année". Selon lui, cela pourrait "résoudre en partie la crise du logement".

L’idée a germé il y a 6 mois au moment de la mise en place du Contrat nouvelle embauche (CNE) puis de la proposition de CPE par le gouvernement. Concrètement, aux 9ème et 21ème mois, le propriétaire pourrait donner congé au locataire avec un préavis de 3 mois. Au bout de 2 ans sans préavis, le bail deviendrait “à durée indéterminée” et retomberait dans le droit commun. Conscient que ce bail dit "à l’essai", "induit une certaine précarité", Jean Perrin affirme cependant que "c’est mieux que ne pas avoir de logement". Et ce dernier d’ajouter : "Il y a peu de chance que le locataire, dans le cas où il serait titulaire d’un CPE et où il occuperait un logement avec ce type de bail, se retrouve licencié et à la rue au même moment".

Récemment présentée au gouvernement, la proposition de l’UNPI a été votée en Conseil national en septembre dernier. "On me dit que l’idée est excellente mais que dans un contexte de critique des CNE et CPE, elle ne peut passer pour le moment", conclut Jean Perrin. Affaire à suivre...

Témoignages, 16-03-2006.

Par Hugues - Publié dans : Lu dans la presse
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Mercredi 15 mars 2006

 

 

L'aura du boudin

 

Le bon docteur Sérog ne soigne pas que sa promotion, il soigne aussi ses employeurs marchands des saucisses.

La scène se passe dans un res­taurant parisien branché à l'heure du petit déjeuner. Jeudi 2 mars, une vingtaine de journalistes de la presse féminine et santé sont venus écouter le nutritionniste Pa­trick Sérog leur parler des bien­faits des charcuteries Herta. A ses côtés, le directeur marketing des salaisons Herta mais aussi la pa­tronne du département nutrition de Nestlé France, propriétaire de la marque de charcuteries.

Une heure durant, Patrick Sérog, qui « aime beaucoup les tripes », explique que la charcu­terie c'est bien pour les femmes car c'est riche en fer: « Le bou­din noir, j'en prescris régulière­ment à mes patientes pour com­penser leurs carences en fer. » Qu'il faut donner du saucisson aux personnes âgées parce que « c'est un bon apport énergétique quand elles sont dénutries ». Que les charcuteries sont recommandées aux personnes en sur­poids « parce que les protéines qu'elles contiennent aident à maintenir la masse musculaire dans le cadre d'un régime ». Avec cette précision : « Quand on a faim, plutôt que de se précipiter sur un fruit, il vaut mieux man­ger de la charcuterie car cela coupe l'appétit. » Quelle bonne nouvelle ! La charcuterie, c'est aussi ce que doivent manger les enfants, et ce dès 3 ans, en rai­son de l'apport en protéines. Bien sûr, si le docteur Sérog plé­biscite les charcuteries, ce n'est pas parce qu'il est consultant pour Nestlé France ou qu'il col­labore avec entrain au Centre d'information sur les charcute­ries.

Huit jours après son opération Herta, Patrick Sérog passe à une autre goûteuse opération : le lan­cement en fanfare de son nou­veau livre, « Savoir manger, le guide des aliments 2006-2007 » (Flammarion), une resucée de son best-seller d'il y a deux ans (200 000 exemplaires) où, avec un confrère nutritionniste, il nous explique « comment faire ses courses en gardant la ligne »

Jetons un oeil, au hasard, au chapitre Charcuteries : dans « les coups de coeur », on trouve les jambons « le Bon Paris à l'étouf­fée et le Bon Paris recette fon­dante de chez Herta », ou encore « le saucisson à l'ail qualité su­périeure de chez Herta ». Quelle heureuse surprise ! Et Nestlé, toujours lui, décroche un satis­fecit pour ses céréales Fitness et son yaourt Secret. Au rayon Corps gras, l'huile Isio Protect et la margarine Fruit d'Or estampillées Lesieur sont à l'hon­neur. Mais ça n'a rien à voir avec le fait que Sérog intervienne comme expert sur le site Lesieur et anime les formations que Le­sieur et Nestlé dispensent aux médecins et diététiciens.

Interrogé par « Le Canard » sur cette collaboration qu'il ne mentionne pas dans son livre, Patrick Sérog explique qu'il ne voit pas « où est le problème », même s'il reconnaît tirer 40% de ses revenus de ses activités de consultant pour l'agroalimen­taire.

Au fil des pages, on apprend ce que l'on savait déjà : les ali­ments les moins chers sont les plus désastreux sur le plan nu­tritionnel. Telle cette pizza Uno qui affiche 1500 calories la por­tion (à 600 calories près ce qu'une femme doit avaler en une journée). Bref, plus on est pauvres, plus on malbouffe. Le tour de force de l'ouvrage est de nous faire oublier que ce sont les grandes marques dites res­pectables qui, les premières, ont remplacé les matières nobles des denrées alimentaires par du gras pas cher saupoudré de sucre et de sel pour augmenter leurs marges et appâter le client. Aujourd'hui confrontées à des concurrents encore moins scrupuleux qu'elles, en l'occur­rence les champions du maxi discompte qui leur taillent des croupières et se sont goinfrés près de 15 % du marché (contre 1,6 % en 1992), elles poussent de hauts cris effarouchés. C'est bien connu, au royaume des aveugles, les borgnes sont rois, et Nestlé, Danone et consorts ne peuvent qu'applaudir des deux mains la sortie d'un bou­quin qui promet « la vérité sur le hard discount et les premiers prix ».

Comme on dit, voilà un guide qui est fait pour « marquer » les esprits !

Le Canard enchaîné, 08-03-2006.

Par Hugues - Publié dans : Lu dans la presse
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Mardi 14 mars 2006

J-1

 

Le 15 mars : fin de la trève hivernale. Les expulsions pourront reprendre.

Samedi entre 1200 et 4000 personnes ont manifesté à Paris  pour demander "l'arrêt des expulsions locatives" et réclamer un "logement pour tous".

Pour en savoir plus, vous pouvez visiter le site de l'association "Droit au logement".

Par Hugues - Publié dans : En chiffre
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Lundi 13 mars 2006

Toujours plus d’érémistes

 

RMI. De moins en moins de chômeurs sont couverts par l’assurance chômage.

Quand on baisse les droits des chômeurs aux ASSEDIC, on augmente le nombre d'érémistes ! Ce mécanisme est une nouvelle fois illustré par les derniers chiffres sur le RMI, publiés vendredi par la Caisse nationale d'allocations familiales (CNAF). En 2005, le nombre de « bénéficiaires » du revenu minium d'insertion (433 euros par mois pour une personne seule) a augmenté de 50 000 personnes. Il s'élève fin décembre à 1 112 400 personnes, soit une progression de 4,7 % sur un an. Si l'on prend en compte les départements d'outre-mer, le total est de 1 266 400 érémistes (+ 4,2 %). Les versements ont représenté un montant de 5,71 milliards d'euros en 2005, en progression de 6,9 % par rapport à 2004.

En 2004 déjà, le nombre d'allocataires avait explosé de 4,2 %. « Malgré l'amélioration du marché du travail que re­flète la baisse continue du chômage depuis mai 2005, le nombre d'allocataires du RMI continue de progresser » constate la CNAF. Ce paradoxe apparent reflète les effets à retardement de la convention UNEDIC signée fin 2002, qui a raccourci les durées d'indemnisation aux ASSEDIC. Une partie seulement des chômeurs en fin de droits peut toucher l'allocation spécifique de solidarité (ASS), une autre bascule dans le RMI, une autre n'a plus droit à rien. En conséquence, la couverture des chômeurs par l'assurance chômage se rétrécit comme peau de chagrin. Le pourcentage de chômeurs indemnisés (ASSEDIC ou ASS) a chuté de 60,8 % fin 2004 à 58,4 % fin 2005, souligne la CNAF. Il était encore de 63,9 % fin 2003.

Fanny Doumayrou

In L'Humanité, 13-03-2006.

Pour consulter l'étude de la  CAF sur le nombre d'érémistes, cliquez ici.

Par Hugues - Publié dans : Lu dans la presse
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Samedi 11 mars 2006

 

Quel retournement !

 

Rappelez-vous : Aux lendemains, des manifestations du 7 février 2006 contre le CPE, la grande majorité des médias était unanime. Pour la presse, la télévision et la radio, cette manifestation était un semi échec sans lendemain, malgré la mobilisation de 400 000 personnes.

Le 7 février 

Pour vous rafraîchir la mémoire, voici un rapide aperçu de quelques titres de la presse du 8 février : « Peu de jeunes mobilisés contre le CPE » (La Voix du Nord), « Mobilisation décevante » (Ouest France), « CPE : pas de raz-de-marée » (Le Télégramme de Brest), « Mobilisation en demie teinte » (Sud Ouest), « Manifs : contrat pas tout a fait rempli » (Libération)  « Beaucoup de jeunes se résigne à la précarité » (Aujourd’hui en France), « CPE : Villepin conforté par une mobilisation mitigée » (La Tribune), « CPE : l’échec de la mobilisation » (Le Figaro), « Dominique de Villepin maintient le cap sur le CPE après une mobilisation en demi-teinte » (Les Echos)…

A l’image de Pierre Le Marc, chroniqueur sur France inter, La plupart des éditorialistes et des journalistes concluaient unanimement : « Que le scénario noir d’une déstabilisation paraisse désormais à peu près exclu, est certainement un point important pour le Premier ministre. »

On pourrait résumer les propos des médias aux lendemains du 7 février en 3 points :

1/ Dans un contexte  mondialisé du travail, même si le CPE n’est pas parfait, c’est une bonne chose : une nécessité.

2/La preuve que le CPE est la solution : la majorité des Français s’est résignée à accepter le CPE. D’ailleurs, pour Les Echos : « Sur les blogs, le contrat première embauche n’a pas enflammé les jeunes » - C’est bizarre, durant cette période, j’ai pas mal navigué sur les blogs et j’ai constaté l’inverse ! –.

3/Du coup les manifestations du 7 févriers n’ont été qu’un coup d’éclat bien terne des organisations syndicales des salariés et des étudiants.

Ainsi pour aucun média : après le 7 février, il n’y aura plus rien, pas de mobilisation de grande ampleur.

Une semaine plus tard…

Au bout d’une semaine, certains journalistes ont commencé à rectifier le tir, en nuançant leur propos. Et oui, le mouvement anti-cpe commençaient à prendre de l’ampleur dans les universités… Bon d’accord, pour les chroniqueurs : rien de bien méchant, rien de bien sérieux, juste un bon signal d’alarme… « Avec le CPE, il tentait de prolonger cette stratégie [volontariste d’investissement sur l’essentiel] qui avait si bien réussi avec la création du CNE. Cette fois, il trébuche pour n’être pas parvenu à convaincre l’opinion de l’innocuité sociale et de l’efficacité de son projet […]. Et son image d’expertise, son image de réformateur attentif au social, de gouvernant ouvert au dialogue, en prend un sérieux coup… […] Alors que pèse sur lui, le mot d’ordre de blocus des universités et que s’accumulent, depuis quelques temps, affaires embarrassantes et mauvaises nouvelles… » (Pierre Le Marc sur France inter, le 20 février 2006).

Autour du 7 mars

Un mois plus tard : la moitié des universités sont en grève et surtout plus d’un million de personnes ont manifesté contre le CPE. Et là, changement ton à la télévision, à la radio et à la presse. D’ailleurs, cette fois là, les médias donnaient plus de crédit aux manifestants. La preuve : lors des manifestations du 7 févriers, presque tous les médias reprenaient les nombre des manifestants avancées par la police (généralement ce chiffre correspond à la moitié de celui annoncé par les syndicats), tandis qu’après la journée de mobilisation du 7 mars, ils reprenaient tous en cœur les ces chiffres communiquées par les organisations syndicales.

Comment expliquer ce changement radical à l’encontre des mouvements contre le CPE ?

Et pourquoi le 8 février, tous les grands médias dénigraient la journée de mobilisation de la veille ?

Mais surtout, après un tel revirement, on peut se demander, si les journalistes de ces grands médias qui se gargarisent d’être objectifs et indépendants de tout groupe de pressions ne sont pas les « victimes consentantes » de lobbyings économiques et /ou politique ?

Par Hugues - Publié dans : Billet d'humeur
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Vendredi 10 mars 2006

34 000 par mois

C'est le nombre de radiation effectué par l'ANPE.

34 000, c'est 7 fois plus qu'il y a 10 ans.

En 1995, le nombre de radiation était 5 000 par mois 

Par Hugues - Publié dans : Dossiers
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Vendredi 10 mars 2006

Chômage : le grand camouflage

 

Emploi. Depuis vingt ans, des modifications statistiques ont exclu une part grandissante des chômeurs des données officielles. Les chiffres mensuels ignorent un chômeur sur deux.

C’est l’histoire d’un grand camouflage, celui de l’ampleur réelle du chômage en France. En 1967, Georges Pompidou estimait que « si on atteint les 500 000 chômeurs en France, ce sera la révolution ». La suite devait lui donner tort. Dix ans plus tard, la barre du million était franchie. Aujourd’hui, celle des quatre millions est dépassée depuis longtemps, mais on n’en a jamais rien su. Car entre-temps les gouvernements ont pris une série de mesures pour modifier à la baisse le comptage des sans-emploi. À défaut de lutter contre le chômage, ils l’ont peu à peu minimisé, gommé, en tordant le thermomètre, pour atténuer les risques d’explosion. À tel point qu’aujourd’hui le chiffre officiel du chômage, commenté chaque mois, ne reflète qu’une faible partie de la réalité.

 

On ne compte plus les précaires

La première mesure date de 1977, époque où le chômage commence à s’installer dans le paysage social. L’ANPE se met alors à radier les chômeurs non disponibles immédiatement, par exemple les malades. Au début des années quatre-vingt, les chômeurs sont répartis en catégories de 1 à 5 (voir en bas de l’article), et seule la première sert de baromètre officiel. On ne compte donc pas les chômeurs qui cherchent un emploi à temps partiel ou temporaire (catégories 2 et 3), ni ceux en formation ou en maladie (catégorie 4). En 1985, premier grand « nettoyage » des listes, avec la création de la catégorie des « dispensés de recherche d’emploi » (DRE). Les chômeurs de plus de 57 ans, dont on estime qu’ils ont peu de chances de retrouver un emploi, se voient proposer, et refusent rarement, de ne plus être contrôlés par l’ANPE. Au passage, ils sortent des statistiques officielles du chômage. L’impact est d’abord limité, avec 80 000 DRE en 1986. Mais depuis la courbe n’a jamais cessé d’augmenter, jusqu’à 400 000 aujourd’hui !

Mais c’est en 1995 que l’on assiste au plus gros tournant dans la gestion de la statistique. Profitant du développement des emplois précaires que les chômeurs sont bien contraints d’accepter, le gouvernement décide de ne plus compter comme chômeurs ceux qui travaillent « trop ». Ainsi, les demandeurs d’emploi des catégories 1, 2 et 3, qui ont travaillé plus de 78 heures dans le mois, sont d’office déplacés vers les catégories 6, 7 et 8.

Grâce à ces manipulations, le nombre de chômeurs « invisibles », placés hors baromètre officiel, a explosé depuis dix ans. D’après Pierre Concialdi, économiste à l’IRES, l’effectif des catégories 2, 3, 6, 7, 8 et DRE a augmenté de 100 000 personnes entre 1993 et 1997, puis de 400 000 entre 1997 et 2001 et de 160 000 entre 2001 et 2005 (1). En 1985, un chômeur sur dix seulement était hors statistique officielle. Cette proportion augmente doucement jusqu’en 1996 (25 %), puis explose pour atteindre 41 % en 2001. Depuis elle progresse lentement, jusqu’à 43 % aujourd’hui.

La poussée des catégo-ries 6, 7 et 8 est due au boom de l’emploi précaire. Mais l’explosion des 2 et 3 s’explique par des pratiques volontaires dans les ANPE. « Pour dégonfler les chiffres, les directions locales ont incité les agents à basculer les chômeurs vers les catégories 2 et 3 », explique Margot Undriener, de la CGT-ANPE. « On ne tient plus compte de l’emploi voulu par le chômeur, mais de sa situation. » Par exemple, si une personne annonce en entretien qu’elle travaille à temps partiel, elle va être déplacée en catégorie 2 puisqu’on considère qu’elle n’est disponible que pour un autre temps partiel. Une autre doit se faire opérer dans quelques mois : elle n’est donc disponible que pour un emploi temporaire (catégorie 3) En parallèle, pour écrêter la courbe du chômage, l’ANPE a mobilisé d’autres outils comme les radiations, qui ont bondi de 5 000 par mois en 1995, à 34 000 aujourd’hui.

4,5 millions de chômeurs

Aujourd’hui, la catégorie 1 ne représente donc plus de 57 % des chômeurs. Quand, en 2005, le chômage officiel s’élève en moyenne à 2 419 000 personnes (catégorie 1), soit 9 % de la population active, il ignore 1 421 000 chômeurs des catégories 2, 3, 6, 7, 8, et 404 000 DRE. Le « vrai » chiffre du chômage est donc de 4 244 000, soit 15 % de la population active. En fait, on est encore loin du compte. À ce total, il faudrait ajouter les 160 000 chômeurs en formation ou en maladie donc pas disponibles immédiatement (catégorie 4). Et une partie de la catégorie 5 (110 000 personnes), où sont basculés les chômeurs en emploi aidé. Sans oublier les demandeurs d’emploi des DOM (160 000 pour la seule catégorie 1), exclus, de manière tout à fait arbitraire, des statistiques officielles chaque mois. On dépasse alors les 4,5 millions de chômeurs.

Comme le souligne Pierre Concialdi, le halo du chômage est bien plus large encore. Il comprend les chômeurs « découragés » qui, ne touchant pas ou plus d’allocation des ASSEDIC, ne voient plus l’intérêt de s’inscrire à l’ANPE après de longues années sans retrouver d’emploi. Une population difficile à estimer, mais on sait par exemple que, sur 1 million de érémistes, 40 % ne sont pas inscrits à l’ANPE. Le halo englobe aussi une partie des personnes à temps partiel en « sous-emploi », c’est-à-dire souhaitant travailler plus : selon l’INSEE, un quart de ce 1,2 million de salariées (ce sont des femmes à 80 %) n’est pas inscrit à l’ANPE. De même, 60 % des femmes au foyer, classées dans la catégorie des inactifs, aimeraient travailler. De quoi franchir la barre des 5 millions de chômeurs en France.

 

(1)    « Des chômages deplus en plus invisibles », note de CERC-Association nº 10, juin 2001.

 

Fanny Doumayrou

 

In L’Humanité, 09-03-2006. 

 

 


 

 

Les Huit catégories de l’ANPE

 

Les chômeurs qui s'inscrivent à l'ANPE sont répartis en huit catégories selon leur situation :

 

Catégorie 1. Demandeurs d'emploi immédiatement disponibles, à la recherche d'un emploi en CDI à temps plein.

Catégorie 2. Disponibles, à la recherche d'un CDI à temps partiel.

Catégorie 3. Disponibles, à la recherche d'un emploi à durée déterminée, temporaire ou saisonnier.

Catégorie 4. Demandeurs d'emploi en formation ou en maladie.

Catégorie 5. Personnes ayant un emploi et à la recherche d'un autre emploi.

Catégories 6. 7, 8. Regroupent respectivement les chômeurs des catégories 1, 2, 3 ayant exercé une « activité réduite » de plus de 78 heures dans le mois. Par exemple, si un chômeur inscrit en catégorie 1 travaille 100 heures dans le mois, il bascule dans la catégorie 6.

Les « dispensés de recherche d'emploi » (DRE) sont des chômeurs âgés de plus de cinquante-cinq ou cinquante-sept ans à qui l'ANPE propose d'échapper à l'obligation de recherche d'emploi. Ils ne sont alors plus comptabilisés dans les chiffres officiels du chômage.

Par Hugues - Publié dans : Lu dans la presse
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